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Détection du Haut Potentiel :

obsolescence du test de QI ?

Alors que les personnes qui se retrouvent dans le descriptif psychologique du "Zèbre" semblent de plus en plus nombreuses, et que de plus en plus de zèbres s'auto proclament "Haut Potentiel", comment s’identifier avec certitude dans cette jungle ?! Le test de QI est il un passage obligé ?

Dans cet article, je partage des réalités scientifiques, cliniques mais aussi mon point de vue sur la question… au risque de ne pas faire l’unanimité, mais qu’importe, aujourd’hui j’assume ma différence !

Evaluation traditionnelle du Haut Potentiel : le test de QI

Remontons le temps pour comprendre de quoi on parle précisément lorsque l'on évoque le fameux Quotient Intellectuel...

Historiquement, le premier test de QI a été créé en 1905 pour aider l’Education Nationale à identifier les enfants avec des difficultés scolaires, afin de les soutenir dans leur apprentissage.

Le test est étalonné sur une population du même âge, qui sait répondre aux mêmes types de problèmes logico-mathématiques. Fondé sur les statistiques, il permet d’évaluer les performances des testés en comparaison les uns aux autres.

Sur une échelle appelée Echelle de Weschler, la moyenne du QI standard a été fixée à 100, l'écart-type à 15. Seule 95 % de la population est située entre deux écart-types. Cela donnait donc environ 2,2 % d’enfants en difficulté d’apprentissage.

Mais dans une société productiviste, l’accent a surtout été mis sur l’autre extrême : les 2,2 % qui était à deux écart-types au dessus de la moyenne. En 1965 on les a appelés les surdoués.

HPI zèbre courbe QI

Comme l’intelligence globale de l’humanité croît avec le temps, les tests sont régulièrement ré-étalonnés pour maintenir le système statistique. AUjourd'hui sont traditionnellement évalués la compréhension verbale, le raisonnement non-verbal, le traitement visuo-spatial, la vitesse de traitement et la mémoire de travail.

Selon le test de QI, il ne peut donc y avoir que 2,2 % de la population entrant dans cette catégorie d’intelligence « très supérieure » à la moyenne, quelque soit l’époque ou la culture concernée.

Et c’est la où le bât blesse pour moi.

Aujourd’hui, les études scientifiques sur la douance montre une réalité indéniable : le haut potentiel est une réalité neurobiologique (je vous renvoie à cet article sur le sujet).

Comment peut-on savoir avec certitude que cette réalité neuroanatomique ne concerne que 2,2 % de la population ?

Si le mode d’évaluation par test de QI a le mérite d'être numériquement précis, il ne prend en compte que l'intelligence logique et rationnelle, à un instant T.

Et il est parfois loin de refléter la réalité dans la mesure où les résultats au test peuvent être biaisés par un grand stress le jour de l’évaluation (d’autant qu’une partie des HP y sont particulièrement sensibles !) ou une condition plus chronique (TDA-H,  troubles -dys, dépression, anxiété, fatigue ... ).

On trouve aussi parfois une grande hétérogénéité dans les résultats. En effet, il y a différentes sections dans le test, chacune évaluant un pan d’intelligence spécifique. Or nous n’avons pas tous développé le même type d’intelligence selon nos centres d’intérêt, nos prédispositions et notre éducation. De fait, certains obtiennent de hauts scores dans certains domaines et des scores plutôt moyens voir bas d’ans d’autres, ce qui rend la moyenne… moyenne.

Aujourd’hui les psychologues savent interpréter ces résultats pour ne pas se fier uniquement au résultat final. Au-delà du test en lui même, les praticiens les plus alertes attachent autant, voire plus, d’importance à l’entretien préalable et au comportement du testé pendant le test qu’aux résultats du test. Mais est ce la plus grande majorité ?

Utilité de l'évaluation quantitative de la douance ?

Le test de QI utilisé actuellement a plus de 100 ans. Il est par ailleurs ultra scolaire. A l’heure d’une société au développement exponentiel où l'apprentissage est reconnu comme une vraie science, ne serait il pas temps de revoir le concept même de ce test et son contenu ?

Si le zèbre présente effectivement un mode de traitement de l'information spécifique, n’est il pas nécessaire d’évaluer ce mode de fonctionnement plutôt que d’évaluer une quantité d’intelligence ?

HPI n'est pas (que) HQI !

Faire passer une IRM à tous les individus "suspectés" me parait inutilement couteux. Fixer des critères d'analyse de ce "neuro-atypisme" qui font consensus auprès de spécialistes de tous bords éviterait sans doute bien des errances et imprécisions.

Pour autant, cela ne résout pas les « problèmes » auxquels nous sommes parfois confrontés du fait de nos spécificités neurobiologiques. Parce que ce savoir ceci ou cela sur soi-même est une chose, mais cela ne nous explique ni quoi en faire ni comment !

« Je vais être comme ça toute ma vie ?! » me demande t’on régulièrement

Pour moi peu importe l'étiquette, l'essentiel est d'apprivoiser son mode de fonctionnement, se connaître suffisamment pour respecter ses besoins, ne pas mettre sur le compte de la douance tous les maux qui nous affligent et accepter de prendre en main ce qui nous fait souffrir pour le faire évoluer, tout en soutenant les parts de nous qui veulent avancer..... et de reconnaître et fréquenter les congénères qui nous entourent, qui seront d'autant plus que l'on assumera notre individualité !

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