Haut Potentiel Intellectuel (HPI)

Anxiété, dépression…

et si c’était bon signe ?!

 

Trop intelligent pour être heureux ? C’est un mythe que la littérature psychologique sur le haut potentiel intellectuel (HPI) entretient de trop aujourd’hui. Mais c’est un fait, il y a, comme dans toutes parties de la population, des hauts potentiels qui vivent un certain mal-être au quotidien, anxiété, dépression, voire une véritable crise existentielle. Et si ce mal-être était une indication que vous êtes sur la bonne voie ?!

C'est en tout cas ce que propose la Théorie de la Désintégration Positive de Dabrowski. Ce psychologue du début du 20ème siècle a passé sa vie à étudier les comportements humains au cours de situations de crise pour en tirer une approche assez unique de la santé mentale. Sa théorie, bien que fondée sur une philosophie de l'individu peut être discutable, a le très grand mérite de donner une teinte très positive à l'anxiété et à la dépression des HPI. Selon lui, ce sont des signes d'une désintégration qui permet à une personne d'atteindre un niveau plus élevé d'intégrité envers elle-même, et donc un véritable bien-être. Explications…

D’une vie subie à une vie choisie : 

processus de développement en 5 étapes 

Dabrowski présente un processus de développement humain en 5 étapes qui peuvent mener un individu à vivre "en accord avec lui-même".

1. Une vie subie inconsciemment

La première étape est celle de l’intégration primaire : nous nous sentons bien intégré, notre comportement est prédictible. Nous ne vivons pas de conflit intérieur. Nos valeurs sont fondées sur les règles sociales de la culture dans laquelle nous évoluons. Nous ne percevons pas de différence entre « ce que nous pourrions être » et « ce que nous sommes » : nous sommes ce que les autres veulent que nous soyons.

C’est la phase d’adaptation qui correspond à l’enfance et au premier temps de la vie d’adulte, quand nous apprenons à obtenir une sécurité matérielle et affective en réglant notre comportement en fonction de ce qui est attendu de nous. Cette tendance conduit à adopter un personnage figé : le faux self.

60 à 70 % de la population restent à cette étape toute leur vie.

2. Début de la crise existentielle et possibilité de développement

La deuxième étape est celle de la désintégration unilatérale. On passe généralement au deuxième niveau lors des périodes de grands changements, interne ou externe.

C’est une phase d’affirmation de notre différence et de notre "identité". Nous commençons à comprendre que le personnage social que nous adoptons tout le temps nous étouffe, d'autres parties se rappellent à nous par vagues de mal-être.

Nous connaissons alors de nombreux conflits intérieurs sans en avoir conscience, notre situation est inconfortable. Nous n’avons pas vocation à stagner ici : soit nous retournons à l’état de survie (niveau 1) pour notre « confort », soit nous avançons dans notre construction interne (progression vers le niveau 3).


3. Le mal être s’installe

La troisième étape est celle de la désintégration spontanée à multiples niveaux. Nous commençons à réévaluer notre parcours et à tout remettre en question.

Notre faux-self social se fissure, le masque tombe pour laisser émerger les parties refoulées. À ce stade, nous commençons à conscientiser nos conflits internes, à prendre conscience du décalage qui peut exister entre nos comportements, nos pensées et nos émotions. Nous vivons à la fois sur la base des valeurs du groupe social auquel nous appartenons, mais aussi sur la base de nos valeurs personnelles, qui commencent à émerger et se hiérarchiser.

Nous nous sentons alors parfois en décalage avec notre entourage, la société, nos amis, la famille. Nous pourrons connaître un sentiment de honte, de culpabilité, nous sentir inférieur ou nous dévaloriser lorsque nous nous conformerons à leurs attentes. À d’autres moments, nous aurons un véritable sentiment de fierté lorsque nous aurons agi selon nos propres désirs profonds.

On peut alors connaître de fortes phases de nervosité, d’anxiété, de dépression, de compulsion, de troubles psychosomatiques ou d’addictions diverses. Les émotions à ce stade peuvent être très intenses.

Selon Dabrowski, ce sont des symptômes positifs de l’effondrement d’une structure psychologique devenue obsolète, des signes des signes d’une restructuration interne. L’individu est donc sur le bon chemin, celui de l’individuation. Il est alors essentiel de ne pas en rester là. C’est généralement arrivé à ce stade que l’on choisit de se faire accompagner par un professionnel.

4. La construction commence, le bien-être revient !

La quatrième étape est une étape d’organisation de la désintégration à niveaux multiples (l’étape précédente). À présent, on met en pratique les prises de conscience du niveau précédent. On développe une certaine connaissance de soi ainsi qu’un certain recul sur soi-même : on devient à la fois l’observateur et l’observé.

L’individu peut réorganiser ses priorités et développer ses potentiels.

À ce stade, les conflits internes existent mais nous sommes la majeure partie du temps en capacité d’agir selon nos propres valeurs. Nous sommes de plus en plus "cohérent, congruent", en tout cas nous assumons nos propres paradoxes. Nous sommes plus calme, serein. Nous avons une profonde envie d’agir en étant "nous-même". Nous voyons clairement « ce que nous sommes » et « ce que nous devrions être » et nous parvenons à réconcilier les deux : nous voulons devenir.

5. Le véritable bien-être est installé

La dernière étape est celle de l’intégration secondaire.  Tout est intégré, l’individu est "aligné" : il agit 100 % du temps selon ses propres valeurs personnelles.

À ce stade, nous savons qui nous sommes et où nous allons. Nous sommes à la place que nous avons choisie et nous tendons vers notre idéal. Nous nous sentons complet, acceptant nos imperfections et nos désirs contradictoires. Nous sommes autonome et sincèrement humble. Nous appréhendons nos propres caractéristiques et comportements dans un contexte de développement permanent. Nous dirigeons la majorité de nos pensées et actions vers la réalisation de la version la plus authentique de nous-même, en toute objectivité.

Nous accueillons nos émotions et ressentis sans les juger. Nous nous interrogeons sur notre raison d’être et notre utilité au sein du collectif. Nous nous sentons relié au vivant : la dimension spirituelle est réinvestie.

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Connaitre le stade auquel vous vous situez aujourd'hui peut être un bon moyen de mettre de la lumière sur les difficultés que vous traversez peut être. Surtout, cela peut vous permettre de "prédire" les étapes qu'il vous reste à traverser pour tendre vers la "pleine réalisation" (qui reste une utopie, soyons honnête !).

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