Le Haut Potentiel Intellectuel : 

une réalité neuro-physiologique

La littérature abonde sur le versant psychologique du haut potentiel intellectuel et sensible au point qu'il est facile de se perdre entre effet de mode, effet Barnum, bias cognitifs et confusion mentale. Et pour cause, la façon dont s'exprime le haut potentiel (HPI, THPI, HPS) dépend essentiellement des expériences de vie que fera la personne concernée. 

Les recherches scientifiques sur la douance confirment toutefois une réalité désormais indéniable : le "haut-potentiel" s'explique par une anatomie particulière au niveau cérébral. Ceci permet de comprendre notamment l’efficience spécifique du cerveau du HPI/zèbre et ses besoins particuliers en terme de régulation du sytème nerveux du zèbre !

Voyons cela en détail à travers une exploration neuro-biologique du haut potentiel et quelques clés pratiques pour bien vivre son haut débit électrique.


Neuro-anatomie de la douance

Entrons dans le vif du sujet avec un peu de neuro biologie. Le cerveau est constitué de :

  •  10% de matière grise (les neurones)
  • 90% de matière blanche (leurs prolongements, appelés axones et dendrites)

La matière grise ce sont les neurones. Ils  traitent l'information provenant des organes sensoriels (les yeux, le nez, les oreilles etc. mais aussi de tous les capteurs internes des nerfs périphériques qui permettent par exemple d'avoir conscience de son propre corps).  

La matière grise est distribuée en surface des hémisphères cérébraux du cortex et du cervelet, plus profondément dans les noyaux du cerveau limbique et dans le tronc cérébral, mais aussi dans la moelle épinière, à l'intérieur de la colonne vertébrale.

cerveau surdoué hpi

La matière blanche ce sont les dendrites, courtes et ramifiées et l'axone de chaque neurone qui se termine par de nombreuses arborisations, organisées en faisceaux fibreux sous le cortex et partout dans le corps : les nerfs du système nerveux périphérique (hors cerveau et moelle épinière, partout ailleurs dans le corps donc) sont composés d’axones. 

La substance blanche doit son aspect à la gaine de myéline qui enrobe les axones. Cette gaine assure la conductivité et l’isolation électrique au niveau du système nerveux.  Tous les axones ne sont pas myélinisés, comme ceux du système nerveux autonome. Sa présence permet d’accélérer la vitesse de propagation de l’influx nerveux et donc l a transmission de la communication entre les cellules nerveuses.

Chez les personnes à Haut Potentiel Intellectuel

L’IRM montre une architecture cérébrale spécifique, qui pourra varier selon les profils haut potentiel intellectuel et haut potentiel sensible notamment

  • Au niveau de la matière grise : une densité de neurones deux fois supérieure à la moyenne dans les lobes frontaux et pariétaux, qui concernent le raisonnement et la sensorialité.

Le zèbre a donc une plus grande capacité à capter l’information, mais également une plus grande réactivité en réponse au stimuli sensoriel.

On observe également une organisation différente des neurones. Cela permet d’obtenir des informations (qu’elles proviennent de l’extérieur ou de l’intérieur) de manière plus rapide ET plus efficace 

  • Au niveau de la matière blanche : des axones plus larges, plus denses, mieux organisés, des gaines de myéline plus épaisses qui témoignent d’une activité électrique plus importante, on observe alors un traitement de l’information plus rapide

On sait aujourd’hui qu’il existe des différences individuelles dans la vitesse de transmission des informations selon les individus, les parties du cerveau impliquées et le type d’information à traiter.

La vitesse moyenne de transmission des informations au niveau neuronal se situe autour de 2 mètres par seconde, elle augmenterait de 0,05 mètre par seconde par point de QI supplémentaire, pour atteindre 3,5 m/s en moyenne chez les zèbres. On peut alors parler de « cerveau à haut débit ».

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Bref, la structure du cerveau du haut potentiel est optimisée à la fois pour la sélection et le traitement de l’information.

Efficience du cerveau « Haut Potentiel »

Les études sous IRM montrent aussi que le cerveau du Haut Potentiel utilise ses deux hémisphères de façon plus efficace : la coopération et l'interaction entre ses hémisphères sont meilleures pour certaines taches.

Lors du raisonnement analogique, on observe qu’il est fait appel à des aires cérébrales supplémentaires pour résoudre les cas de complexité particulière.

Pour d’autres taches, on observe une meilleure utilisation des différentes aires du cerveau : certaines aires habituellement sollicitées mais non indispensables à la résolution du problème sont automatiquement inhibées par le cerveau Haut Potentiel.

Avec une consommation de glucose proportionnellement moins importante que la moyenne compte tenu de l’intensité de l’activité, le cerveau HP a également un meilleur rendement.

On constate donc aujourd’hui que le cerveau du haut potentiel est optimisé pour fonctionner en puissance !

Certaines études expliquent cette réalité neurophysiologique par un mode de développement différent du fœtus. La matière blanche se serait constituée plus vite et de manière plus dense en raison d’un taux élevé de testostérone (qui inhibe le développement de certaines parties de l’hémisphère gauche du cerveau, entrainant un développement compensatoire d’autres aires). Le "haut potentiel" serait peut être acquis à la naissance, héréditaire - oui Mesdames, ça pourrez tout aussi bien être vous 😉

Gérer son cerveau à Haut Potentiel Electrique

De mon expérience, la conséquence première de ces spécificités structurelles et fonctionnelles est que le cerveau du haut potentiel est avant tout un cerveau à haut potentiel électrique !

L'épaisseur des gaines de myéline en témoigne aussi : elles conduisent une plus grande quantité d’influx nerveux. Comme le cerveau "haut potentiel" a une grande capacité d’acquisition et de traitement de l’information, cela rend le cerveau du zèbre hyper-excitable.

Ce « bouillonnement cérébral » augmente considérablement les capacités de réflexion. mais peut être difficile à canaliser. Souvent, le HPI dira qu’il en a « plein la tête » : réflexions et émotions se succèdent  en vitesse accélérée avec une intensité supérieure à la moyenne.

Parce que l'amygdale, dans la région limbique du cerveau, là où sont gérées les émotions notamment, montre un seuil de détection plus bas et que le cortex préfrontal traite ces stimulations avec niveau de réactivité initiale augmenté, l'intensité affective peut être particulièrement puissante.

Les montagnes russes émotionnelles, la fatigue chronique, l’hyper-activité ne sont pas loin quand on ne sait plus comment faire tourner ce « mécanisme de haute horlogerie », notamment au niveau des neurotransmetteurs. Ceci explique aussi que l'on parle parfois de Haut Potentiel Sensible.

Au-delà des études les plus rationnels qui puissent exister, nous sommes tous différents, nous avons tous une histoire, des blessures et des envies qui évoluent. Le système nerveux est là pour veiller sur notre sécurité, je suis convaincue qu'il est le simple gardien d'un temple intérieur d'une richesse insoupçonnable propre à chacun. Libre à nous de libérer ce potentiel !!!

La régulation de son système nerveux devrait donc être une des priorités quotidiennes du Zèbre / HPI / HPS

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe plein de solutions...

Voici par exemple 5 clés pour vous y aider 🙂

Pour aller plus loin...

Je vous parle de tout cela en détail dans mon dernier livre :


Sources pour la rédaction de cet article :  Etude du CERMEP de Lyon menée par Dominique Sappey-Marinier, Fanny Nusbaum et Olivier Revol -  "Etre un adulte surdoué"  de Cécile Bost


13 réflexions sur “Le Haut Potentiel : une réalité neuro-physiologique”

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  5. Bonjour Margerie!

    Quelle belle découverte que je viens de faire avec votre site!

    J’aimerais bien relayé votre article sur la réalité neuro-physiologie mais avant…

    Serait-ce possible d’avoir l’occasion de discuter avec vous?

    Il n’y a pas de presse, j’aime bien travailler dans le temps long (surtout que nous avons des horaires chargés!)

    On pourrait penser à une visio (zoom?) en prenant un rv pour décembre ou janvier si cela vous convient.

    Au plaisir d’avoir de vos nouvelles!

    Salutations du Québec,

    Fanie Lebrun

    1. Bonjour Fanie, un grand merci pour votre message ! Je serais ravie de faire votre connaissance et d’échanger prochainement. Je vous envoie un mail pour convenir d’un rendez vous 🙂

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  11. Bonjour Margerie!
    Je suis également très heureuse de voir cet article 🙂 je n’ai cependant pas trouvé de référence aux papiers sur lesquels vous vous êtes basée, et j’aimerais grandement les lire également pour pousser un peu la réflexion!
    Serait il possible de voir votre bibliographie en neurobio s’il vous plait?
    Un grande merci d’avance 🙂
    Benedicte

    1. Bonjour Bénédicte, il serait fastidieux de lister toute la littérature scientifique sur le sujet ici. Je me suis notamment inspirée des recherches en la matière de Cecile Bost, que vous pouvez retrouver sur son site : http://www.talentdifferent.com/category/neurophysiologie et dans ses ouvrages. Le bibliographie est particulièrement riche sur l’état des recherches en la matière 🙂

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