Comment savoir si je suis Zèbre / Surdoué / Haut Potentiel Intellectuel (HPI) ou hypersensible (HPE/HPS)?

Haut Potentiel, Intellectuel, Zèbre, Surdoué, HPI/HPE, hypersensible, Indigo, Arc en Ciel, Surefficient…..les termes fleurissent pour décrire une population dont on s’accorde globalement à dire qu’elle a le cerveau en effervescence quasi permanente et la sensibilité à fleur de peau.

Hypersensible, solitaire, complexe, trop ceci, trop cela… vous avez lu différentes listes de traits de caractères et de comportements et vous vous demandez peut être si vous ne seriez pas concerné par l'une des ces "étiquettes". Et vous vous demandez peut être aussi : quelle différence entre ces termes ? Comment s’identifier avec certitude dans cette jungle ?! Le test de QI est il un passage obligé ? Et après, je fais quoi ?

Voici quelques éléments de réponse pour vous accompagner dans votre quête !

Haut Potentiel, Zèbre, Surdoué, Indigo... quelles différences ?

Les définitions de la douance et l’hypersensibilité sont parfois controversées parce que l’intelligence tout comme la sensibilité sont des sujets tabous dans notre société moderne occidentale. Une façon de contourner le flou de la définition et l’inconfort que génère parfois l’étiquette est d’utiliser une alternative. Il existe ainsi de nombreuses théories et définitions, voici les principales.

Surdoué est l’ancien terme pour Haut Potentiel. Avec le changement de nom, la notion d’intelligence supérieure disparaît en filigrane... pour laisser émerger un forme de latence. "Officiellement" pour être reconnu HP, il faut avoir plus de 130 de QI (125 dans certains pays). J'y reviendrai.

On parle aussi de Haut Potentiel Intellectuel (HPI) ou de précoce (ce qui peut être admis pour un enfant, mais perd son sens à l'âge adulte).

Doué est la traduction du terme anglais "gifted" utilisé outre-manche et outre-atlantique pour désigner cette population.

Zèbre est le surnom donné par la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin aux individus qu’elle a identifiés comme étant haut potentiel intellectuel et présentant un certain nombre de caractéristiques psychologiques communes, dont la liste est variable et non exhaustive : ennui existentiel, sentiment de solitude, questionnement incessant, pensées ininterrompues, etc. Métaphorique, le terme de zèbre reflète une réalité bien éloignée des idées reçues sur ceux que l’on attend aux premières places des classements scolaires, qui seraient « en avance » sur leurs camarades ou tout simplement des « génies ». En effet, il ne faut pas confondre intelligence et performance, compétence et réussite, potentiel et efficacité. Le terme de zèbre est désormais entré dans le dictionnaire (Larousse, édition 2021). Je l’apprécie en ce qu’il ne réduit pas l’individu à son potentiel intellectuel et souligne sa singularité globale. Je l’adopte donc régulièrement, en ayant bien conscience que les contours de la notion sont flous.

D’autres psychologues cliniciens et thérapeutes de terrain ont également reconnus ces caractéristiques psychologiques chez une partie de leurs consultants. Monique de Kermadec les appelle "surdoués", Christel Petitcollin "surefficients mentaux", d’autre "effervescents"…tous ces termes recouvrent plus ou moins la même réalité : des personnes souvent jugés « trop », trop sensibles, trop intenses, trop émotives.... 

Multipotentiel est un terme qui fait référence à la variété des centres d’intérêt et de compétences que développent certaines personnes du fait de leur grande curiosité. Si le spécialiste a trouvé son domaine d’expertise, le multipotentiel est en mesure de faire des liens entre des sujets assez variés, lui permettant de créer des univers à l’intersection de ses centres d’intérêt. Il exerce parfois plusieurs métiers en même temps (on parle alors de slasheur) ou crée son métier hybride à partir de ses compétences transversales. Si de nombreux multipotentiels se révèlent être également des hauts potentiels  polymathes, il n’est pas certain qu’ils soient les seuls concernés.

Polymathe est un terme qui fait référence à des connaissances variées & étendues à plusieurs domaines, souvent de nature universelle.

IndigoArc-en-Ciel sont des termes issus de la spiritualité new-age, je ne m’y attarderais pas non plus, laissant chacun libre de ses croyances en la matière (du moment qu’elles sont aidantes !)

Mais alors que les personnes qui se retrouvent dans le descriptif psychologique semblent de plus en plus nombreuses, comment savoir si l’on appartient à telle ou telle catégorie d’individus ? Et surtout, pourquoi ?

Suis-je haut potentiel intellectuel ?

Appelé surdoué autrefois, gifted en anglais, précoce chez les enfants, le haut potentiel intellectuel (HPI) est une notion plus précise, mieux circonscrite et scientifiquement étudiée. Pour être officiellement reconnu HPI en France, il faut avoir obtenu un score supérieur à 130 lors d’un test d’évaluation du quotient intellectuel (QI) [1]. Le test est construit de telle sorte que seuls 2,2 % des personnes d’un même âge devraient logiquement y parvenir.

Aujourd’hui pourtant, les études scientifiques sur la douance montrent un fait indéniable : le haut potentiel est une réalité neurobiologique. Difficile dès lors d’établir avec certitude que cette réalité neuro-anatomique ne concerne que 2,2 % de la population.

Par ailleurs, si le mode d’évaluation par test a le mérite d’être numériquement précis, il ne mesure toutefois que certaines fonctions cérébrales à un instant T. De plus, le test de QI est parfois loin de refléter la réalité dans la mesure où les résultats au test peuvent être biaisés par une certaine préparation en amont, un grand stress le jour de l’évaluation (d’autant qu’une majorité des hauts potentiels y sont particulièrement sensibles), un QI hétérogène [2] ou une condition plus chronique (troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité, troubles dys-, dépression et anxiété notamment).

C’est pourquoi le test de QI est corroboré par un examen psychologique de la personne testée : intelligence vive, autonomie, vie émotionnelle multifacette, personnalité passionnée et curieuse, sensible, créative, originale, rapide et intense… les indices sont nombreux.

Aujourd’hui, les psychologues savent normalement interpréter les résultats pour ne pas se fier uniquement aux résultats chiffrés. Au-delà du test en lui-même, ils devraient ainsi attacher autant, voire plus, d’importance à l’entretien préalable et au comportement du testé pendant le test qu’aux résultats numériques.


[1] Test WAIS-IV à partir de 16 ans. La moyenne est à 130, le maximum de 160. En France, seuls les médecins diplômés en neuropsychologie clinique cognitive et les psychologues sont habilités à faire passer ce test.

[2] Profil présentant un écart de plus de 12 points entre les quatre indices constitutifs du test. Ce profil est majoritaire parmi les HPI, par opposition au profil homogène.

Suis-je hypersensible ou haut potentiel sensible ?

Ce sont les travaux d’Elaine Aaron qui ont permis de mieux connaître ce phénomène d’hypersensibilité qui toucherait entre 20 et 30 % de la population. En anglais, elle parle de highly sensitive person : personne hautement sensible. Elle a créé un test d’une vingtaine de questions qui permet de faire le point sur notre situation. Il est très facilement accessible sur Internet.

Personnellement, le terme d’hypersensible et l’inégalité de traitement sémantique de la sensibilité par rapport à l’intellect me dérangent. Si l’on parle d’hypersensibilité, pourquoi ne parlerait-on pas alors d’hyperintellect ? Puisqu’on a remplacé le terme de surdoué par haut potentiel pour ne pas induire de notion de supériorité, pourquoi ne pas renommer aussi l’hypersensibilité ?

L’hypersensibilité présente certaines spécificités neurobiologiques communes avec le haut potentiel intellectuel. Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à parler de haut potentiel sensible (HPS) afin de rendre ses lettres de noblesse à la sensibilité, qu’elle soit sensorielle ou émotionnelle.

On parle aussi parfois de haut potentiel émotionnel (HPE). Ce terme n’est aujourd’hui pas non plus une réalité définie. Il correspondrait pour certains à l’hypersensibilité émotionnelle seulement. Il est donc inclus dans la notion de haut potentiel sensible.

Si appréhender les contours de tous ces concepts peut s’avérer complexe, il n’est pas forcément nécessaire d’en avoir une définition claire, concise et incontestée pour prendre soin de soi et s’épanouir.

L’essentiel est de comprendre que le point commun entre toutes ces « étiquettes » est l’intensité :

hyper ceci ou cela, nous ne sommes pas trop, nous sommes très !

Ainsi, au-delà d’une étiquette, nous avons surtout besoin de reconnaitre cette intensité et de l’apprivoiser afin de nous épanouir avec, jour après jour.


Je suis (peut être) "Zèbre / Haut Potentiel" et après ?!

Officieusement, les praticiens soupçonnent que 15 à 30 % de la population pourraient être concernés. Certes le biais de sélection ne rend pas ces statistiques très fiables. Toutefois, non détectés, non testés, ces individus sont parfois en détresse sociale, professionnelle ou émotionnelle. Parce que lorsque l’on se sent différent, on se sent souvent aussi incompris. Ce sentiment cause parfois un grand manque de confiance et d’estime de soi, au détriment de l’épanouissement personnel et professionnel.

Se reconnaître comme zèbre/HPI/HPS permet déjà de nourrir un certain sentiment d’appartenance : on n’est pas seul à vivre ce que l’on vit, c’est tellement rassurant !

Mais cela ne résout pas tout, pas plus que cela ne fait disparaître les causes qui souvent auront poussé à s’interroger initialement. L’essentiel sera ensuite le chemin d’accueil de sa singularité, en apprenant à se connaître pour mieux se comprendre soi-même et enfin s’accepter tel que l’on est.

Peu importe l’étiquette donc, l’essentiel est d’apprivoiser son mode de fonctionnement unique, s’écouter suffisamment pour respecter ses besoins, ne pas mettre sur le compte de la douance ou de la sensibilité accrue tous nos maux et accepter de prendre en main ce qui nous fait souffrir pour le faire évoluer, tout en soutenant les parts de nous qui veulent avancer.

Comprendre les spécificités neuro biologiques de notre cerveau et apprendre à réguler son système nerveux devient alors fondamentales

Viendra ensuite le temps de poser des actions. Mais pas en tout sens comme peut parfois nous y inciter ce mental qui tourne à plein régime...non des actions dirigées, pour canaliser cette puissante énergie intellectuelle et sensitive. Alors il sera possible de vivre une vie où l’intensité sera une belle et grande force.

Pour aller plus loin...

Je vous parle de tout cela en détail dans mon dernier livre :


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